Hommage à F8QL.
Hommage & Mémoire 
Hommage à Pierre COULON — F8QL
Pionnier de la T.S.F, Résistant et Président d'Honneur du Radio-Club

Pierre COULON est né le 12 octobre 1904. Il eut une passion très jeune pour la radio (la T.S.F. à l'époque). À la sortie de la messe, Monsieur le Curé de Bulles, l'abbé Delorme, l'invite à écouter les premières et seules émissions de la Radiodiffusion Française émise par la tour Eiffel — qui n'émettait qu'une demi-heure par jour sur un poste à galène. Nous sommes alors dans les années 1920.
À cette époque, la radio n'est écoutée que par quelques bricoleurs passionnés par ce nouvel outil. Pierre construisit son premier récepteur avec le fameux minerai de plomb, ce qui lui permit d'apprendre la télégraphie et d'entendre les premiers concerts Radiola.
Il vint à l'émission d'amateur en "pirate" dès 1925, si bien que l'abbé ne pouvait plus rien entendre lorsqu'il émettait !
Après avoir déclenché un début d'incendie dans l'atelier de menuiserie familiale avec un de ses montages peu performant, il devient de façon officielle un sans-filiste avec l'indicatif F8QL.
Il réalisa l'une des premières liaisons France - Algérie sur 72 MHz, contactant ainsi toutes les régions du monde avec un émetteur de sa fabrication : Cousteau depuis La Calypso dans les mers australes, des Rois, des Princes, et écoutant même le premier homme dans l'espace en 1961, Youri Gagarine.
Mobilisé en 1939 à la 41ème Compagnie de transmission basée au Mont-Valérien, il fit partie du réseau de résistance avec le Dr Delignon de Saint-Just, en récupérant et sauvant au risque de sa vie et de sa famille une dizaine d'aviateurs américains des mains ennemies.
Au Mont Plaisant, route de Fournival, il a établi un faux camp d'aviation avec des avions en bois. Le but était d'attirer les avions ennemis pour les faire abattre par la DCA. Avertis par F8QL, les Anglais y parachutèrent des bombes en bois avec la mention : « Fer pour fer, bois pour bois ».
Quelques jours avant la libération de Bulles, alors qu'il cachait deux aviateurs au-dessus de son atelier, un soldat allemand entre précipitamment dans sa cour, le canon du fusil en avant. Pierre pensa que c'en était fini. Après explication, il comprit que le soldat avait simplement cassé sa crosse et, en bon militaire, ne voulait pas rentrer chez lui ainsi. On se doute qu'il ne lui a pas fait payer la réparation !
Des canons allemand étant en batterie sur la route de Fournival, Pierre Coulon avertit par radio les blindés américains de ralentir leur avance. Une escadrille de chasse alliée vint les mitrailler : une trentaine de chevaux furent tués et les résistants capturèrent les Allemands qui se rendirent. Pour toutes ses activités, il reçut la Médaille de la Libération, la Croix de Guerre et la médaille de la Freedom remise par le Général Eisenhower.
Pour ses activités de radioamateur, il reçut le Mérite Départemental, fut nommé Membre d'Honneur du Réseau des Émetteurs Français (REF) et Président d'Honneur du Radio-Club de Saint-Just-en-Chaussée qui porte aujourd'hui son nom.
« Ces actes, accomplis au mépris du danger, ont demandé sang-froid, courage et dévouement. Ils expriment toute la générosité sans calcul d'un homme qui, face à l'événement, n'a écouté que son cœur. Cela mérite notre profonde reconnaissance, et pour que les générations futures se souviennent de son nom, une rue de sa commune porte désormais son nom. »
